JO DI BONA

 C.O.K est née au Cameroun où elle y passe une longue partie de son enfance. 

Elle a notamment exposé à l'Electron Libre, l'Ambassade du Cameroun et l'African Art Fair.
En 2015, elle présente à l'UNESCO pour la semaine de l'Afrique son nouveau projet intitulé : #100foulards

En abordant son nouveau projet, C.O.K fait écho à ses souvenirs d’enfance et en tant que femme renvoie sa perception de l’objet, son esthétique au monde actuel et à la transformation du mot foulard que certains mouvements tentent de réinscrire dans l’esprit populaire. Elle lève le voile sur la tentative de détournement de ce mot en mettant en éclat et en couleurs ces femmes anonymes au centre du tableau. Leur foulard devient un étendard, un symbole ostentatoire pour la liberté.

C.O.K se joue de la peinture du portrait en faisant disparaitre toute forme d’expression sur les visages. En proposant d’effacer les 4 sens représentatifs de l’être humain, et en ne conservant que la chair, l’artiste ancre pourtant ses personnages féminins dans une forme de réalité. Elle projette ainsi le spectateur dans sa propre représentation. Dans cet apparent vide, la plasticienne confère à ses « visages » une étrange universalité et un total anonymat, renforçant l’idée du projet de réaliser 100 portraits, une unité dans l’individualisme. Anonymes sont aussi les nombreux homicides actuels commis à l’encontre des femmes en Afrique, l’artiste rappelle au travers des traits noirs des silhouettes celles faites sur les victimes des scènes de crime. En l’absence de repère, l’objet, le foulard, devient le prolongement de l’être, indissociable l’un de l’autre, par ses couleurs et sa mise en lumière, elle symbolise la joie, l’espoir et la vie au-delà de toute souffrance..

L’utilisation de la feuille d’or fait écho aux icônes byzantines, elle rappelle l’état de grâce de la femme, son rôle essentiel, sa référence et son modèle de construction dans le cœur de l’artiste en faisant référence à l’éducation apportée par la tante qui l’a élevée. 
L’encadrement en baguette tel un écrin doré  ferme l’espace et souligne que la femme est au cœur du tableau, par conséquence au centre de l’Afrique, et devient alors une figure allégorique de la liberté et de la fraternité. Par une subtile correspondance, l’encadrement du tableau en véritable tissu  renvoie au foulard peint à l’intérieur du tableau. L’artiste souligne qu’à l’extérieur de l’œuvre délimitée par les baguettes, entre le tableau, monde imagé, et le spectateur, monde réel, la transition par le biais du tissu, matière imprimée, se réalise par un processus mécanique et intellectuel ; à contrario de l’œuvre artistique manuelle et avant tout émotionnelle.

 

 

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Galerie Carole Kvasnevski